La chasse à courre

ou j’ai l’impression d’être bambie poursuivie par une meute enragée
26 juillet 2006 par  moi

Je vis avec des hommes, je vis entourée d’hommes ; j’aime pas les filles, c’est des chochottes et j’aime pas les hommes, ils sont autistes. Moi, j’aime les gens mais il n’y en a pas, ou pas beaucoup, ou c’est juste que je ne les connais pas. J’en croise des fois, j’en connais même quelques unEs mais je ne les vois jamais. Et puis j’essaye de ne pas être une fille, ni une femme.
Et puis j’essaie de travailler avec ces hommes avec qui je vis, ça fait longtemps que je m’y suis mise et je finirai bien par croire que rien n’est possible.
Là, j’en ai marre, ou j’en peut plus, je ne sais pas.

Il parait que je suis agressive, c’est ces hommes qui disent ça, je les agresse, les pauvres ! Je les malmène, je leur dis des choses méchantes, ou en fait non, le fond ça irait à peu près, mais la forme ! Attention à la forme, il n’y a rien de plus important. Et ils prétextent ça. Et quand ils me disent "parle moi correctement" j’entends "reste à ta place", et quand il me dit de le laisser s’exprimer (encore un peu plus longtemps) j’ai l’impression de n’avoir eu le temps de rien dire, et quand on me dit que que je n’ai qu’a être gentille-et-sociable-ça-se-passerait-mieux, j’ai l’impression d’avoir huit ans et de me faire gronder par mon papa ; et toutes ces situations développées à l’infini.
Et quand j’en chiale d’impuissance, on me traite d’hystérique.
- Parce que c’est là que flotte l’incertitude, qu’est ce qui leur prouve que ce que je dit est vrai, puisqu’ils ont la sensation que j’exagère, je les diabolises, ils ne font quand même pas des choses si affreuses, j’ai même eu droit à "Tu me donne une mauvaise image de moi, c’est insupportable, je ne suis pas un monstre." Je ne t’ai pas dit que tu es un monstre, je t’ai dit que tu es un HOMME. Et que non, le travail n’est pas fini, on a cerné le problème, maintenant il faut y aller. Mais même quelqu’un de bonne volonté a du mal à l’admettre. "Oui, je suis dominant, mais pas dans cette situation précise". C’est toujours à un autre moment que ça se passe, mais jamais ils ne l’admettent quand ça m’écrase et que j’appelle au secours. Là ça n’est pas un problème de domination, c’est un problème personnel que je doit gérer seule, je suis trop sensible ou trop emmerdante, retour à l’envoyeur.

Et puis c’est sûr qu’être "en déconstruction", ça fait briller en société : les "normaux" s’emerveillent de rencontrer un homme qui dénigre ses privilèges (si tant est qu’ils admettent qu’il y en a), les alterno-prout-antifa trouvent ça très courageux et puis ça offre une carte vip pour les milieux squats.
- Alors moi, j’en ai marre de les voir étinceler d’une aura quasi-mystique dehors, je vous le dit : ils ne sont pas comme ça à la maison ! Et ça me fait chier de voir qu’on les apprécie tant alors qu’ils sont comme ça : c’est pas vraiment de l’hyocrisie, c’est pas vraiment fait exprès mais c’est pas vraiment inconscient non plus, je me sens lésée ! Et en plus ça sape mon boulot parce qu’après ils se justifient en vous prenant touTEs à parti (un parti muet et absent, c’est ce qu’il y a de mieux pour se justifier.).

Et il y a la pire des questions : Est-ce que j’ai tort ?
- Peut être que je me trompe, peut être que j’imagine tout ça, peut être que je vois des situations de domination là où il n’y a que mes insuffisances sociales, peut être que je suis psychotique, ou hystérique, peut être que je devrais me faire soigner (par un Freudien ?).
Peut être que j’ai tout faux.

Voilà mon cri d’injustice, de solitude, de désespoir, de désillusion, de regret, d’amertume, de tristesse, un affreux sentiment d’agonie ; c’est l’hallali, ils vont m’achever.